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Réemploi, vie chère, stratégie ESS : l'actu des tiers-lieux réunionnais

Illustration : cirest.fr

Deux fils se répondent cette semaine. À La Réunion, les tiers-lieux travaillent la même matière que leurs voisins institutionnels : ce qu'on jette, et ce qu'on n'arrive plus à payer. Au national, deux textes viennent d'arriver, l'un qui fixe le cap de l'économie sociale et solidaire pour dix ans, l'autre qui explique très concrètement comment une communauté rachète les murs de son lieu.

À La Réunion et dans le réseau

Le réemploi, du geste militant au dispositif de territoire

Le 8 août, Kaz SoliKer organise une Troc Party spéciale rentrée, de 9h à 16h au 22 rue Général de Gaulle à Saint-Louis : on vient troquer ce qui peut resservir pour la reprise des classes, plutôt que de tout racheter. À Saint-Paul, La Raffinerie tient la même ligne avec ses ateliers Répar'ali et Fabric'ali, où l'on répare et refabrique du mobilier ensemble.

Ces gestes ne sont plus isolés. La CIREST vient de publier un flyer « Réemploi 2026 » qui recense les solutions disponibles dans l'Est, à commencer par la ressourcerie intercommunale du Bras Fusil à Saint-Benoît, ouverte depuis 2015 et gérée par l'ADRIE. Ce que les tiers-lieux pratiquent depuis longtemps devient une politique de territoire documentée, avec des adresses où orienter les gens. Les solutions de réemploi dans l'Est

Face à la vie chère, le tiers-lieu comme filet

« La vie lé cher, les temps lé durs, mé nou oubli pa : la solidarité lé toujours là. » Kaz SoliKer a relayé fin juin la chanson que le groupe SECTEUR 410 a consacrée à la vie chère, avec un message simple adressé à celles et ceux qui galèrent : ne restez pas seuls, venez nous voir.

Quelques exemples des dernières semaines, tous à Saint-Louis. Ayant reçu beaucoup de bananes, l'équipe les a transformées en confitures avec des jeunes en situation de handicap du FAO Soleil de l'ADAPEI, plutôt que de les laisser perdre : de l'anti-gaspillage qui est aussi un atelier partagé. Un atelier de lactofermentation, animé par Sylviane, est venu transmettre des savoir-faire de conservation simples et accessibles. Et le Défi Cuisine en famille a réuni des équipes de quatre autour d'ingrédients imposés. Quand le budget alimentaire serre, savoir cuisiner et conserver n'est pas un loisir. Le fil de Kaz SoliKer

L'actu nationale des tiers-lieux

La France se dote enfin d'une stratégie nationale de l'ESS

Douze ans après la loi Hamon, l'économie sociale et solidaire a désormais une feuille de route nationale : adoptée le 9 juillet et publiée le 16, elle fixe des objectifs à 2030 et 2035. Une centaine de pages, cinq axes stratégiques, déclinés en 28 orientations, 108 actions et 10 indicateurs chiffrés, dont le plus parlant : porter l'ESS à 16,5 % de l'emploi privé en 2035. Parmi les mesures, plusieurs intéressent directement les tiers-lieux : le renforcement des stratégies régionales, la structuration de l'ingénierie territoriale, et la sécurisation du recours aux entreprises de l'ESS dans la commande publique. Un comité interministériel de suivi doit être mis en place d'ici fin 2026.

Le texte a été adopté avec les voix de l'État, mais sans celles de la majorité des membres du Conseil supérieur de l'ESS. Une stratégie qui ne fait pas consensus dans le secteur qu'elle concerne mérite d'être lue avant d'être commentée. Ce que contient la stratégie nationale de l'ESS

Racheter ses murs : la levée de fonds citoyenne se documente

Apprendre que le bâtiment est mis en vente : c'est le risque de tout lieu installé dans des locaux qu'il ne possède pas. Movilab vient d'enrichir un portail entier consacré à la levée de fonds citoyenne, avec des pages méthodiques sur la définition de la vision et l'étude du bien, la construction du modèle économique et du plan de financement, puis le choix du modèle juridique. Les pages datent du 23 juillet, c'est tout frais. Le portail Levée de fonds citoyenne

Le retour d'expérience qui l'accompagne est le plus utile. Début 2022, l'ECREVIS, tiers-lieu culturel et social du quartier de Meythet à Annecy, apprend que ses locaux sont en vente. L'association n'a alors aucune trésorerie, zéro euro en banque. Un an et demi plus tard, le collectif de bénévoles a levé 1,2 million d'euros et racheté le bâtiment, en s'appuyant jusqu'au bout sur sa communauté, obligations citoyennes comprises. Le document découpe le parcours en étapes franchissables et nomme les facteurs qui ont fait la différence. Le rachat de l'ECREVIS, étape par étape

Financements et appels à projets

Deux appels ouverts, en commençant par le réunionnais, qui se referme le premier. La DEETS Réunion finance des actions qui améliorent l'accès des personnes précaires, en particulier les femmes hébergées ou à la rue, à une diversité de produits périodiques adaptés à leurs besoins. Les structures qui accueillent déjà du public en difficulté sont dans la cible, et plusieurs lieux du réseau sont dans ce cas. Candidatures jusqu'au 9 août. L'appel à projets de la DEETS Réunion

La seconde est nationale. La Fondation OCIRP soutient des « lieux alternatifs du prendre soin », fondés sur la coopération entre les personnes accompagnées, leurs proches et les professionnels. L'enveloppe globale est de 250 000 €, avec une dotation maximum de 50 000 € par projet, jusqu'au 14 septembre. L'appel à projets de la Fondation OCIRP

C'est tout pour cette semaine. Vous avez une actu, un événement, une belle histoire à partager depuis votre tiers-lieu ? Écrivez-nous à contact@tierslieux.re, on se fera un plaisir de la relayer. Et si ce n'est pas encore fait, pensez à rejoindre le réseau !