Un tiers-lieu est un espace ouvert où des personnes se retrouvent pour faire ensemble des choses qu’elles ne feraient pas seules. L’expression vient du sociologue Ray Oldenburg, qui désignait par third place ce qui n’est ni le domicile, le premier lieu, ni le travail, le second : le café, la place, la bibliothèque, tout endroit où l’on se croise sans y être obligé.
Ce qui définit un tiers-lieu n’est donc pas son activité, mais sa façon de fonctionner. Deux lieux peuvent faire la même chose, l’un être un tiers-lieu et l’autre non.
Ce qui fait un tiers-lieu
Une communauté avant un local. Un tiers-lieu existe d’abord parce qu’un groupe de personnes décide de faire quelque chose ensemble. Le bâtiment vient après, et parfois il ne vient pas : certains tiers-lieux sont itinérants.
Une gouvernance ouverte. Les personnes qui fréquentent le lieu ont voix au chapitre sur ce qui s’y fait. C’est le point qui distingue le plus nettement un tiers-lieu d’un service, où l’on est client, ou d’une entreprise, où l’on est salarié.
Une hybridité assumée. On y trouve rarement une seule activité. Un même lieu peut abriter un atelier de réparation, un jardin partagé, des permanences administratives et des concerts. Cette diversité n’est pas du désordre : c’est ce qui fait que des personnes qui ne se seraient jamais rencontrées se croisent.
Un ancrage local. Un tiers-lieu répond à des besoins de son quartier ou de sa commune. Deux tiers-lieux à dix kilomètres l’un de l’autre peuvent être très différents parce que leurs territoires le sont.
Coworking, fablab, tiers-lieu : quelles différences ?
Ces mots se recouvrent en partie, ce qui explique la confusion fréquente.
Un espace de coworking loue des postes de travail. Il devient un tiers-lieu lorsqu’il s’y ajoute une vie collective que ses usagers font exister : entraide, projets communs, ouverture sur le quartier. Beaucoup de coworkings n’en sont pas, et c’est très bien ainsi.
Un fablab met à disposition des machines et des savoir-faire pour fabriquer. C’est presque toujours un tiers-lieu, parce que la transmission entre pairs y est constitutive.
Une ressourcerie, un jardin partagé, une épicerie coopérative, un lieu culturel peuvent tous être des tiers-lieux, selon la place qu’y prend le collectif.
Autrement dit, « tiers-lieu » n’est pas une activité de plus dans la liste : c’est une manière de faire qui peut traverser toutes ces activités.
Les tiers-lieux à La Réunion
L’annuaire national recense 44 lieux à La Réunion, dont 32 en activité, répartis dans 16 communes. 21 d’entre eux sont identifiés comme tiers-lieux par le réseau régional, c’est-à-dire rencontrés et caractérisés ; les autres se déclarent tiers-lieux sans que nous les ayons encore visités.
Ils prennent des formes très réunionnaises : jardins créoles partagés, kaz ouvertes sur leur quartier, ateliers de réemploi, fablabs, lieux de transmission des savoir-faire. Plusieurs sont installés dans les Hauts, là où l’éloignement rend l’entraide plus nécessaire encore.
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Et La Réunion des Tiers-Lieux dans tout ça ?
RTLx est l’association qui fédère ces lieux. Elle ne les dirige pas et ne les labellise pas : elle les met en relation, porte leur voix auprès des institutions, mutualise ce qui peut l’être et fait circuler l’information utile, des appels à projets aux retours d’expérience.