Qu'est-ce qu'un tiers-lieu ?

Ni la maison, ni le travail

Un tiers-lieu est un troisième espace social, après la maison et le travail. Il naît de la volonté d'un collectif citoyen de répondre aux besoins de son territoire, dans un esprit de coopération et de solidarité.

Fablab, espace de coworking, ressourcerie, jardin partagé, café associatif, lieu culturel de proximité, atelier de réparation : les formes changent, le principe reste le même. Les tiers-lieux réinventent les espaces de collaboration, de formation, de production et de consommation. Ce n’est pas le bâtiment qui fait le tiers-lieu, c’est la communauté qui le fait vivre.

Ce qui le distingue

Un collectif ouvert, pas un service. Le lieu est porté par un collectif que chacun peut rejoindre. On n’y vient pas seulement consommer une prestation : on peut y prendre part et faire évoluer ce qui s’y fait.

Plusieurs activités à la fois. Un même lieu peut abriter un atelier de réparation, un jardin, des permanences et des concerts. Cette diversité fait se croiser des gens qui ne se seraient jamais rencontrés.

Un ancrage local. Un tiers-lieu répond aux besoins de son quartier ou de sa commune, au-delà des seuls intérêts de celles et ceux qui l’animent. Il se retrouve souvent au cœur des échanges entre acteurs publics, acteurs privés et habitants. Deux lieux voisins peuvent être très différents parce que leurs territoires le sont.

C’est pourquoi un espace de coworking qui loue seulement des bureaux n’est pas un tiers-lieu : il le devient quand une vie collective s’y installe pour agir dans l’intérêt général.

DEMO, les dynamiques à l’œuvre

Quatre manières de faire reviennent d’un tiers-lieu à l’autre, que le réseau résume par l’acronyme DEMO.

Débat : intelligence collective, gouvernance partagée, des facilitat·eur·rices pour aider les échanges

Expérimentation : essayer, et droit à l'erreur

Mobilisation : aller chercher les gens, inclusion

Ouvrir le champ des possibles : documenter, partager

Nos dix valeurs communes

Le mot recouvre des réalités très différentes selon les territoires. À La Réunion, le réseau s’est donc donné dix sujets communs, sur lesquels chaque lieu qui adhère s’auto-évalue de 1 à 5, en justifiant où il en est, et refait le point chaque année.

  • Lien social : rencontre, convivialité, entraide
  • Impact sur son territoire
  • Autonomisation des individus
  • Impact environnemental
  • Inclusion et diversité
  • Gouvernance horizontale et transparente
  • Coopération interne et externe
  • Hybridation des activités
  • Lieu physique partagé où tout converge
  • Création de communs

Ce n’est pas une note ni un label : personne n’est disqualifié pour un sujet où il débute. Il suffit d’être engagé sur chacun d’eux, ne serait-ce qu’au premier niveau, celui où l’on découvre et où l’on souhaite s’y mettre. L’intérêt est ailleurs : se situer dans l’écosystème, et se reconnaître entre pairs.

Le détail du référentiel est documenté sur le wiki du réseau.

À La Réunion

L’annuaire national recense 32 tiers-lieux en activité à La Réunion, répartis dans 16 communes. Nous allons à la rencontre de ces lieux pour les connaître et les caractériser : 21 d’entre eux portent aujourd’hui la mention « identifié comme tiers-lieu par le réseau régional ».

Voir les tiers-lieux, commune par commune · Questions fréquentes · Rejoindre le réseau

Pour aller plus loin

France Tiers-Lieux : sa propre définition, les études nationales et le recensement auquel participent les lieux réunionnais.

Association nationale des tiers-lieux : la voix des tiers-lieux au niveau national, et un forum où les questions concrètes se posent entre pairs.

Movilab : le wiki de la communauté, où sont documentés depuis quinze ans les pratiques et les modèles économiques.

Nouveaux lieux, nouveaux liens : le programme public de soutien, porté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires.